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13-08-2012

13:06

Droit de réponse à Monsieur le Directeur de publication de Nouakchott Info

Monsieur le Directeur,
Dans votre livraison n°2537 du 8/08/2012, Mohamed Ould Feily dit Antar, a saisi l’occasion de l’une des séries de la course de 200 m aux JO Londres 2012, où notre compatriote, Jiddou Ould Khaye s’alignait, pour se livrer à des attaques contre notre Comité National Olympique et notre Fédération Nationale d’Athlétisme quand il affirme :

- «Jiddou Ould Khaye, l’athlète mauritanien aligné sur 200 m aux JO de Londres, a terminé dernier de la série de la première série des éliminatoires.»

- «C’est la triste réalité de la participation de deux athlètes mauritaniens qui sont à Londres pour la représentativité.»

- «Il a fait ce qu’il peut en l’absence d’une bonne préparation et devant l’inexistence d’une Fédération d’Athlétisme réelle.»

- «L’argent versé par la Solidarité Olympique au CNO pour la préparation des athlètes a été déterminé pour autre chose.»

- «Jiddou a été dominé tout au long de l’année par Konaté qui n’a pas été retenu pour des raisons obscures.»


Ces graves assertions attirent de notre part les remarques suivantes :

1°) Je voudrais apporter, avant de réagir à ces différentes affirmations, surtout pour la propre gouverne des lecteurs de votre journal, un certain nombre d’informations utiles pour mieux comprendre la suite des développements.

La participation des pays aux jeux olympiques est obligatoire comme le stipule la charte olympique dans sa Règle 27.3 : «… En outre, chaque CNO a l’obligation de participer aux jeux de l’olympiade, en y envoyant des athlètes.» Les athlètes, quant à eux, pour être admis à participer aux jeux olympiques, doivent se faire qualifier en passant par des compétitions continentales ou régionales et en satisfaisant à des minimas, eux-mêmes alignés sur les records du monde.

En conséquence de cette obligation de participer et au nom de l’universalité des jeux, les pays qui n’ont pas d’athlètes qualifiés et qui sont au nombre d’une quarantaine environ, bénéficient de la règle 1+1, un athlète de chaque sexe, qu’accrédite le CNO sur proposition de la fédération nationale considérée. Ces deux athlètes qualifiés au nom de l’universalité des JO doivent être exclusivement des pratiquants de l’athlétisme ou de la natation. Pour tous les autres sports, il faut passer par les qualifications. La natation est un sport de luxe, il ne reste aux pays comme le nôtre que l’athlétisme.

A l’exception des jeux arabes et africains, tous les deux ans, et les JO tous les quatre ans, le ministère chargé des Sports ne prend pas en charge la participation de nos athlètes aux autres compétitions et les fédérations, souvent qualifiées par le département de ‘’fédérations cartables’’ n’ont pas la possibilité de participer par leurs propres moyens. En outre, il est à noter que le ministère chargé des Sports a pris une option nationale privilégiant les financements des seuls sports suivants : le foot, le tir traditionnel, les courses de chameaux et les jeux de boules.

A l’exception du football, les trois autres sports ne sont pas inscrits au programme des jeux olympiques. Le tir traditionnel et les courses des chameaux ne pouvant pas être des fédérations au sens de la charte olympique (une fédération nationale doit avoir pour prolongement une fédération internationale, Règle 28.2 de la charte olympique) ne nécessitent pas un déplacement en dehors du pays. Revenons aux assertions de votre journaliste.

2°) Qu’est-ce qui a poussé Mohamed Feily dit Antar jusqu’à s’en prendre à notre CNO et à notre Fédération nationale d’athlétisme, lui que tout le monde considérait jusqu’ici comme notre griot, allant même jusqu’à nous attribuer des vertus et des qualités que nous n’avons pas, et des propos flatteurs que nous n’avons jamais prononcés?

Nous allons bientôt le savoir :

Aux JO de Pékin, en 2008, nous avons aligné sur 800 m Souleymane Ould Chabal qui, comme Jiddou à Londres, était également dernier de sa série. Comme Jiddou, Souleymane n’était pas issu des qualifications et sa préparation était identique à celle de Jiddou. La Solidarité olympique avait également fourni des fonds pour la préparation de Souleymane.

Si Antar était conséquent avec lui-même, les mêmes critiques qu’il a adressées à notre CNO et à notre fédération nationale d’athlétisme aux JO de Londres étaient également valables à l’occasion des JO de Pékin. Seulement il y avait ‘’un truc’’ que les lecteurs de votre journal ignoraient : Antar a fait le voyage de Pékin mais pas celui de Londres. Pourquoi? C’est ce que nous allons également savoir.

Depuis 1996 et jusqu’à Pékin 2008, nous bénéficions régulièrement de la prise en charge d’un journaliste par le CIO pour couvrir les jeux. Cette prise en charge couvre le transport, les perdiems et le logement. A Atlanta, nous avons accrédité Abdel Kader Sy de l’Agence mauritanienne d’informations ; à Sidney et à Athènes, nous avons accrédité Mohamed El Moustapha Ould Ouvah de TVM et à Pékin en 2008, nous avons accrédité Ould Feily dit Antar de Nouakchott Info, beaucoup plus pour le journal qu’il représente que pour ses qualités professionnelles, humaines, nous dirions même morales; et ce, à un moment où il ne bénéficiait pas des entrées et des privilèges auprès du ministère chargé des Sports dont il fait actuellement étalage et dont il tire des dividendes à la faveur d’un important trafic d’influence.

S’agissant de l’accréditation d’Antar aux JO de Pékin, nous pensons qu’il est utile que les lecteurs de Nouakchott Info sachent les conditions de cette accréditation et mesurent en conséquence, jusqu’où peut aller l’ingratitude des hommes? Quelques mois après l’accréditation d’Antar, le CIO nous a demandé un journaliste d’expérience pour un programme spécial qui commence après l’ouverture des JO; nous avons proposé Moctar Ould Yedaly, chef service sports à Radio Mauritanie. Finalement, le CIO nous a fait savoir qu’il ne prend en charge qu’un seul journaliste, Moctar Ould Yedaly.

Comme tous les autres membres de la délégation, Antar a bénéficié de l’allocation du ministère chargé des Sports (perdiems et transport), mais son logement reste incertain; le Président et le Secrétaire Général du CNO logent à l’hôtel de la famille olympique, mais se prennent en charge au point de vue restauration et autres frais; le reste de la délégation est logé au village olympique. Aux jeux olympiques de Sidney, nous avons lié amitié avec un couple d’Australiens qui étaient nos attachés aux JO. Depuis, nous les invitons à tous les JO : à Athènes, à Pékin et à Londres.

Ces amis ayant appris à partir de Nouakchott, bien avant les JO de Pékin, que notre journaliste a un problème de logement, ils nous ont fait savoir qu’un ami à eux, un Sud coréen, possède une villa à Pékin inhabitée durant les JO et que notre journaliste pouvait y loger, ce qui fut fait. Mieux encore, Antar était également blanchi et son ménage assuré.

Aux jeux de Londres, nous avons également accrédité Antar, mais cette fois, nous faisons partie des CNO qui n’ont pas bénéficié de la prise en charge d’un journaliste par les CIO ; ce que nous avons fait savoir au ministère chargé des Sports par la lettre en date du 24/4/2012, relative à notre participation aux JO de Londres de 2012. A la suite de cette lettre, Mohamed Foily Samba Vall dit Antar, est venu nous voir pour nous dire, que Madame la ministre est prête à le prendre en charge, si le CNO lui en fait la demande, ce qui fut fait par lettre en date du 24/05/2012.

Il est à noter que notre chef de mission aux JO avait auparavant remis à Antar une liste d’hôtels à prix modérateurs (subventionnés par la commission d’organisation des JO). Quelle fut notre surprise de recevoir une lettre du Secrétaire Général du ministère chargé des Sports en date du 04/07/2012, nous demandant de prendre en charge les frais de séjour du journaliste Mohamed Foily Samba Vall dit Antar durant son séjour à Londres; le ministère se chargeant de prendre en charge ses frais de transport.

Par lettre en date du 11/07/2012, nous avons demandé au Secrétaire Général de nous dire à quelle rubrique imputer les frais de séjour d’Antar? Tout comme nous avons saisi cette occasion pour lui rappeler que nous sommes le seul CNO au monde qui ne bénéficie plus de la subvention qui a été pourtant régulièrement accordée à nos prédécesseurs et que nous ne recevons pas du CIO plus que n’en reçoivent tous les autres CNO.

Par contre, Antar reçoit du ministère une rémunération mensuelle de 200.000 UM. Dans l’hypothèse où M. le Secrétaire Général fait allusion à la manière dont nous avons pris en charge Antar à Pékin, il lui a été suggéré que sa lettre, dans ce cas, aurait dû être libellée autrement : «Il y aurait lieu alors, pour Mohamed Foily Samba Vall, lui-même, de reprendre à votre signature, une lettre demandant au Président du CNO de bien vouloir intervenir auprès de nos amis australiens, qui sont, une fois encore, invités aux JO de Londres, pour leur demander s’ils n’auraient pas un ami, comme à Pékin, qui posséderait une villa à Londres, pour héberger, comme à Pékin, Mohamed Foily Samba Vall dit Antar

Ayant pris connaissance de notre réponse à M. le Secrétaire Général du Ministère, Antar nous a téléphoné pour nous demander son visa olympique d’entrée en Angleterre, nous assurant qu’il a assez d’argent pour couvrir tout son séjour. Nous lui avons fait savoir qu’il nous faut une réservation d’hôtel, ce qu’il n’a jamais pu fournir jusqu’au départ de la délégation. Est-il utile de rappeler que le visa olympique n’est pas un visa ordinaire délivré par une ambassade britannique. Il suppose beaucoup de préalables dont principalement l’assurance du lieu de logement.

Nous avons d’ailleurs appris, la veille de notre départ, que Mohamed Foily Samba Vall dit Antar, est parti, en guise de consolation, en mission à l’intérieur du pays au sein de l’importante délégation ministérielle du département chargé des sports.

3°) Pourquoi remuer nos cendres et faire tant de tintamarres parce que notre athlète est arrivé dernier de sa série. Aux JO, chaque sport, surtout l’athlétisme, comporte plusieurs séries avec à chaque fois, un premier et un dernier. En outre, on peut avoir eu une très bonne préparation et une excellente fédération nationale d’athlétisme et terminer dernier de sa série. Notre compatriote, aujourd’hui française, Marième Soumaré, championne d’Europe, a terminé 7ème, avant dernière, de la finale de 200 m. On ne peut pas affirmer qu’elle était victime d’une impréparation et que la France n’a pas de «fédération d’athlétisme réelle».

4°) M. Konaté, «qui n’a pas été retenu pour des raisons sombres», est un athlète indiscipliné qui manque et dénigre, comme Antar, sa fédération et son encadrement. En sport, tout athlète indiscipliné est mis sur la touche et ce quelles que soient ses performances.

5°) Antar émarge au ministère chargé des Sports, où il perçoit un salaire mensuel de 200.000 UM, cumulativement avec son salaire en sa qualité de chef de la rubrique sports à Nouakchott Info et autres revenus, obtenus dans des conditions sombres qui ne sont pas celles qui ont permis d’écarter M. Konaté. Antar n’est pas le seul agent non permanent dans cette situation.

Mohamed Ould Hacen, un autre pourfendeur du CNO et de la Fédération nationale d’athlétisme, chef de service sports à la Télévision de Mauritanie, une usine à créer des fédérations grâce au faux et à son usage (pièces jointes), émarge lui aussi au même ministère à la direction des sports grâce à un certificat de service fait et ce, cumulativement avec son salaire à la TVM au grand dam des agents non permanents licenciés et des diplômés chômeurs.

6°) S’agissant de la délégation de notre pays aux JO de Londres 2012, Antar aurait dû informer vos lecteurs des difficultés rencontrées par toute la délégation qui a failli ne pas participer aux JO de Londres si ce n’était le sens élevé de patriotisme et de responsabilité du Trésorier Général de la République et du Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie.

En effet, après avoir suivi des mois durant, au Budget et à la Présidence, pour numérotation, la décision d’attribution de l’allocation représentant notre dotation et le virement de son montant dans le compte au Trésor du ministère chargé des Sports et après vérification par ce ministère du bien fondé de ce virement, on nous a donné un chèque sur le Trésor n°282606 du 1er juillet 2012. Par lettre n°021 en date du 2 juillet 2012, nous avons déposé ce chèque au Trésor et attendu que son montant nous soit viré dans notre compte bancaire.

Quelle fut notre surprise d’apprendre le 11 juillet 2012 que notre compte bancaire n’a pas été alimenté. Nous nous sommes alors rendus à la Trésorerie Générale où on nous apprend que notre chèque a été rejeté pour absence de provisions. Il nous a suffi d’une communication téléphonique, expliquant au Trésorier Général l’objet du chèque et l’imminence du départ de la délégation devant représenter notre pays à cet important événement que sont les jeux olympiques et l’obligation d’y participer, pour que le Trésorier Général prenne, sur sa responsabilité personnelle et pécuniaire, l’ordre de débiter son compte à la Banque Centrale en faveur du compte bancaire du CNO. Une fois notre compte bancaire alimenté, le Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie a ordonné, séance tenante, l’autorisation de change qui a été présentée à ses services.

Avant notre départ, nous n’avons pas manqué cependant, d’adresser à Madame la ministre la lettre qui commence comme suit : «J’ai le regret de vous informer que le chèque du ministère sur le trésor n°282606 du 01/07/2012, déposé au Trésor par lettre n°021 du CNO, en date du 02/07/2012, d’un montant de……………., représentant la dotation de la délégation devant représenter notre pays aux jeux olympiques, Londres 2012, nous a été retourné pour absence de provisions.» Ce qui n’était pas le cas pour le chèque de Mohamed Foily dit Antar représentant ses frais de séjour et de transport pour Londres.

Les ennemis de la Mauritanie, du CNO et de la Fédération nationale d’athlétisme, auraient sans doute pavoisé et alimenté tous les sites du monde : «La Mauritanie n’a pas participé aux jeux olympiques de Londres faute d’argent.» Cela aurait été encore plus grave qu’une 8ème place d’une série éliminatoire gagnée par Usain Bolt.

Dr Mohamed Mahmoud Ould Mah
Nouakchott Info


 


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