09-01-2013 02:10 - Africa Race : L’adieu aux dunes
C’est la dernière en Mauritanie. Beaucoup de bonheur et un peu de blues, la mer approche mais ce sera aussi la fin du voyage.
Bien sûr, tout le monde est crevé, mais ce qu’aime l’aventurier c’est partir! Rentrer, c’est recommencer à attendre la sixième édition de l’Africa Race, l’an prochain; Schlesser en auto, Shibalov en camion Fontyn à moto restent les maîtres du classment général, Dubois et Vancauwenberge arrachant les scratches du jour.
Le menu du jour…

On fait une spéciale de 196 km en boucle en Mauritanie et on prend le goudron tout droit plein sud vers le Sénégal, dont on passera la frontière avant de bivouaquer à Koba. Total de la journée, pas loin de 700 bornes.
Ce qu’en dit René Metge au briefing…
« C’est la dernière ! Comme en 2012, le départ de cette dernière étape mauritanienne se déroule directement depuis le bivouac implanté en plein cœur des dunes. Les rescapés de cette 5ème édition de l’Africa entrent donc directement dans le vif du sujet avec du hors piste et six franchissements dont un de 5 km dans de très belles dunes dorées qui pourraient être peu porteuses malgré l’heure de passage matinale.
Après 35 km, les concurrents empruntent une bonne piste comportant toutefois des parties de Fesh Fesh parfois piégeuses. A partir du kilomètre 85, une jolie partie de slalom entre les dunes attend les véhicules et ce, sur une quarantaine de kilomètres avant de retrouver un hors piste pour franchir trois cordons de dunes en alternance avec des plaines herbeuses pas toujours faciles à négocier.
Une fois sorti de ces cordons, il n’y aura plus qu’à se laisser glisser jusqu’à l’arrivée jugée à Hassei El Barga sur une piste rapide et sinueuse entre les dunes. La journée n’est pas terminée pour autant car une longue liaison de 471 km ponctuée du passage de la frontière sénégalaise va conduire l’ensemble de la caravane du rallye à Koba où le dernier bivouac sera installé dans les plantations d’arachides. »

Moto : Duboid, La derniere cartouche...

Norbert Dubois voulait finir en beauté, c’est fait… Parti dernier, il coupe la banderole d’arrivée en second, l’affaire est claire…Norbert Dubois voulait finir en beauté, c’est fait… Parti dernier, il coupe la banderole d’arrivée en second, l’affaire est claire…
Retour au début de la journée…
Lâché le premier à 7h45 local time, le Belge Martin Fontyn est donc parti vers son destin, gagner la cinquième de ce vrai Paris-Dakar new look qu’est l’Africa Race.
Avec une heure d’avance au classement gégénral sur Martens, deux heures sur Arnoult, quatre heures sur Palacios, il faudrait un vrai désastre pour qu’il perde cette course mais on rappelera qu’Hubert Auriol a perdu contre Neveu beaucoup plus près de Dakar, en 1987, à Richard Toll!
Donc Fontyn est entre l’extase de la quasi-victoire et le stress du pépin, et de façon non accessoire il va encore se farcir 200 km de dunes, jolies en photo, terribles sous les tétines des pneus…
Comme le dit ce poète de Jean Louis Schlesser, c’est le désert comme on en rêve quand on est gamin. La mer… de sable, infinie… celle dont Baudelaire disait que l’homme libre la chérira toujours.

Et chaque km parcouru est un pas vers la gloire, demain au Lac Rose de Dakar , le plus emblematique des chemins de triomphe. La veille, Fontyn a enfoncé son adversaire Guillaume Martens à l’épuisement.
Plus de sept heures de moto dont le Hollandais reconnaît qu’il a fini avec les avant-bras en feu. Pour gagner à Dakar il faut du talent ET être indestructible, il n’ya pas d’autre secret.
Au km 60, les motos de tête sont rejointes par les participants du rallye « Classic » qui ont un itinéraire allégé.

Elles roulent avec la moto de François Besse, une Honda 600 XLM des années 80, qui fleure bon les « eighties »…
Fontyn laisse partir Martens devant, le Hollandais fait le job, s’il veut récupérer son heure de retard, cela doit commencer par attaquer à outrance, en espérant un coup de pouce du destin.


Autos/Camions : Le « van » de sable…

Joost Vancauwenberge gagne le scratch de la dernière spéciale en Mauritanie.

Jean Louis Schlesser qui racontera à son arrivée: « On s’est arrêtés pour aider une Porsche de la course « Classic » qui était enlisée. Spéciale pas évidente, il y avait des pièges, il ne fallait pas se poser et pas se paumer. On a fait zéro faute, je voulais finir sans problème, voilà c’est fait. Si c’est Vancauwenbergue qui gagne la spéciale, je suis très content, c’est un mec très sympa, qui n’a pas la grosse tête, un mec bien quoi. »

Scvhlesser et Shibalov,grands gagnants de l'Africa Race 2013

Une liaison ça n’a aucun intérêt, c’est long, c’est chiant, c’est monotone et c’est même parfois dangereux parce qu’on roule trop vite sur des goudrons parfois troués comme des champs de bataille.
